Mourir dans la dignité : Réflexions sur la fin de vie

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par Monique Tremblay, trésorière

Dans le cadre de la rencontre régionale du 3 novembre dernier, notre association a invité deux médecins, Dr Marcel Boulanger et Dr Michel Sarrazin pour venir nous présenter leur point de vue respectif concernant les choix présentement débattus portant sur la fin de vie.

Dr Boulanger, tenant de l'euthanasie, nous a, dans un premier temps, présenté six constatations dans la réalité clinique :

  • Mourir peut s'accompagner d'une souffrance insupportable.

  • Les soins palliatifs ne peuvent soulager toutes les douleurs.

  • Certaines souffrances ne seront dissipées que par la mort.

  • Certains patients demandent de façon rationnelle et avec persistance de l'aide pour mourir.

  • Il est du devoir du médecin de soulager la souffrance.

  • Il est du devoir du médecin de respecter l'autonomie du patient.

Il nous a, par la suite, présenté les six options qui s'offrent au médecin :

  • Le médecin peut rejeter la demande du patient.

  • Le médecin peut avec délicatesse faire dévier la demande et proposer des soins palliatifs qui, selon Dr Boulanger, ne peuvent réussir pour tous à soulager leurs souffrances.

  • Le médecin peut discuter du refus de traitement, avec promesse de support palliatif intense sans être sûr que ces soins palliatifs soient à la hauteur des besoins du patient.

  • Le médecin peut forcer les doses de morphine qui peuvent devenir mortelles par accumulation.

  • Le médecin peut engager la sédation dite " sédation profonde continue" afin de produire chez le patient un sommeil profond.

  • Le médecin peut se pencher sur la demande rationnelle du malade et finalement y consentir et apporter une aide médicale au départ.

Dr Michel Sarrazin, fondateur de la première maison de soins palliatifs au Québec (1982) et farouchement contre l'euthanasie, nous a présenté sa philosophie des soins palliatifs qui s'articule autour des principes suivants :

  • La mort constitue une étape dans l'évolution de la personne.

  • Le mourant est une personne qui franchit la dernière étape de sa vie. À cette phase, la vie lui offre une chance ultime d'atteindre son identité propre, en intégrant toutes les dimensions humaines.

Selon le Dr Michel Sarrazin, exercer des soins palliatifs correspond à un choix de valeurs où la vie est affirmée comme valeur première sans pour autant que cette vie soit prolongée ou abrégée. C'est aussi promouvoir la fin de vie comme valeur d'accompagnement personnel, ce qui justifie, d'une part, l'accompagnement psychologique, moral et spirituel effectué par l'équipe soignante dans les maisons de soins palliatifs (il y en a 25 présentes dans presque toutes les régions du Québec) et, d'autre part, les techniques de soulagement de la souffrance.

Les membres de l'AREQ ont grandement apprécié nos deux conférenciers qui ont su, avec douceur et sérénité, enrichir notre réflexion au regard d'une réalité inéluctable.

[décembre 2010]


Un peu d’humour!

Hier soir, mon mari et moi étions assis à discuter de choses et d'autres, puis nous en sommes venus à parler d'euthanasie.

Le sujet est délicat, celui du choix entre la vie et la mort.

Mon mari m'a dit : « Ne me laisse jamais vivre dans un état végétatif, dépendant d'une machine et alimenté par le liquide d'une bouteille... Si tu me vois dans cet état, débranche les appareils qui me relient à la vie. »

Je me suis levée, j'ai débranché la télé, j'ai éteint son ordinateur et j'ai jeté sa bière!

C'est fait !