Un bac à la retraite, est-ce possible?

Remonter Suivante

par Marie-Thérèse Jean-Jacques-Aina, conseillère

Nous avons laissé le marché du travail, lieu commun par excellence, où nous passions une partie de notre temps, oubliant pendant que nous y étions nos soucis.

Tout d’un coup, nous faisons face à un nouveau mode de vie. Les échanges avec les anciens collègues se raréfient. Les parents, les enfants, les amis, doivent vaquer à leurs multiples occupations. La solitude nous accapare; la mémoire sans la pensée intellectuelle qui la nourrissait, la vivifiait, diminue lentement. Tout un changement prend forme en nous, s’installe, peu à peu, dans notre inconscient, et nous affecte.

Alors des problèmes apparaissent, nous conviant à prendre une solution. Et l’amour des études renaît, nous forçant à passer par une autre filière, pour nous adapter à notre nouveau mode de vie. L’idée de retourner à l’université surgit. Nous pouvons combler la solitude en rencontrant d’autres personnes, pensons-nous. Nous voilà prêts à relever un défi, celui d’obtenir un bac à la retraite.

Ce n’est pas facile, entendons-nous murmurer de toute part. Notre réponse arrive clairement. À l’instar de tout ce que nous entreprenons dans la vie, les contraintes sont là pour nous décourager. Mais, comme dans toute autre sphère sociale, il est possible, avec la persévérance, d’accomplir nos obligations.

C’est l’attrait de l’étude qui anime, même à la retraite. Nous aurions pu travailler, bien paisiblement, dans notre bureau, rechercher dans le Web, lire de beaux articles instructifs, seuls dans notre coin. Mais tout cela ne peut remplacer le plaisir de rencontrer d’autres personnes, d’entendre la voix d’un professeur compétent qui nous livre les fruits de sa recherche. Ainsi, le côté passionnant des études nous imprègne. Avec la faculté d’adaptation que, naturellement, l’être humain possède, nous avançons, malgré notre âge, avec la détermination d’aller jusqu’au bout vers un objectif : obtenir un bac à la retraite.

    Ce n'est pas le diplôme qui nous couronnera seulement. Ce sont tous les efforts mentaux, intellectuels et physiques que les études exigent de nous, qui, en fait, valorisent la personne à la retraite. Un autre point nous encourage. Que de fois, en discutant avec de jeunes étudiants, avons- nous entendu, bien souvent, de la bouche d’un finissant? : « J’aimerais pouvoir, à la retraite, étudier comme vous. » Alors, encore engagée dans la société, notre cœur d’enseignante retraitée palpite de joie. N’est-il pas vrai que notre présence, dans le milieu universitaire, à la retraite, a un effet favorable aux études?

Nous sommes à l’heure de la technologie, que de changements sont apportés à la conception de la chose intellectuelle! À la retraite, nous avons la possibilité de pénétrer dans les enceintes de l’université, de nous installer sur cette tribune en compagnie d’autres personnes, de trouver une réponse à nos questions. Nous sommes ainsi dans un état réceptif qui favorise la possibilité d’obtenir un bac à la retraite.

Il y aurait encore bien des arguments à apporter à ce sujet si prenant, mais la place qui nous est laissée dans le bulletin nous oblige à la concision.

[décembre 2010]