Assurance autonomie

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L’assurance-autonomie : une solution?
par
Viviane Lacroix

À l’hiver 2012, j’ai assisté à une conférence du Dr Réjean Hébert, du Centre de santé et de services sociaux de l’Institut universitaire de gériatrie de Sherbrooke, au sujet de l’assurance autonomie ou comment financer les services de soins à domicile autrement.

Le docteur Hébert a comme prémisse que les personnes âgées désirent habiter chez elles le plus longtemps possible, et auront éventuellement besoin de soins à domicile. Démonstration est faite qu’il y a un sous-financement de ces soins et que le financement actuel est inéquitable puisqu’il dépend du revenu de la personne et n’est pas ajusté à ses besoins.

Présentement, il y a absence de définition claire des besoins parce qu’on n’utilise pas d’outil standardisé comme outil de gestion. Les résidences privées imposent un système à deux vitesses : il n’y a pas d’évaluation standardisée, pas de normes tarifaires et pas de contrôle de qualité, ce qui pose donc problème.
Le docteur Hébert propose de redéfinir l’approche par la création d’une assurance autonomie.

Dans le cadre de cette assurance, le domicile est l’endroit où réside la personne. Les services sont fournis indépendamment du lieu de résidence, le soutien financier est public, indifférent du milieu de vie du prestataire et vise la qualité. Cette assurance des soins à long-terme, ou assurance autonomie, est déjà implantée dans plusieurs pays depuis 1968.

Ses caractéristiques : cette assurance est un droit et non un privilège et son financement est public. Pour y être admis et recevoir une allocation, des critères sont appliqués et un plan de services est établi pour chaque bénéficiaire.

Les principes à la base de cette assurance autonomie sont les suivants : elle doit être universelle, solidaire, capitalisée, individualisée, indépendante du lieu de résidence et de l’âge.

L’assurance autonomie serait-elle une solution du 21e siècle aux problèmes d’équité et de financement des soins de santé pour les personnes âgées? Peut-être aurons-nous à étudier cette solution pour nous…

[septembre 2012]