Gaspillage alimentaire. Non merci!

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Gaspillage alimentaire : non merci!
Par Louise Roberge, coresponsable

Selon la FAO (Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture), le tiers des aliments produits chaque année dans le monde pour la consommation humaine, soit environ 1,3 milliard de tonnes, est perdu ou gaspillé. Au Canada, c’est jusqu’à 40 % de la nourriture produite qui est gaspillée. De ce montant, 30 % ne se rend même pas sur les tablettes et 47 % est jeté par le consommateur.

Selon l’émission Global gâchis à la chaîne de télévision Ici Explora : « L’ensemble des producteurs, distributeurs et consommateurs des pays occidentaux jette une quantité de nourriture qui pourrait nourrir 7 fois la population qui a faim dans le monde ». Chaque année, un foyer québécois produit en moyenne 194 kg de résidus de table, ce qui équivaut à 771 $ de nourriture jetée par an, une somme 2,5 fois plus importante que celle du citoyen américain. Au Canada c’est 27 milliards de dollars en nourriture qui disparaissent, soit près de 2 % du produit intérieur brut annuel du pays.

D’où une telle perte émane-t-elle? Cela se produit tout au long de la chaîne alimentaire : au champ, dans le transport, lors de la transformation, à l’épicerie, dans les restaurants et hôtels ou encore à la maison. En plus des coûts économiques, il existe des coûts sociaux importants alors que 900 millions de personnes souffrent de faim dans le monde.

Comment réduire le gaspillage alimentaire à la source?

Il faudrait que l’industrie alimentaire (producteurs, transformateurs, distributeurs) améliore ses pratiques. Par exemple, modifier le mode de datation actuellement en usage en ce qui concerne la péremption des produits alimentaires, et ce, en y indiquant la date de consommation optimale, un équivalent du « meilleur avant » ainsi que la date limite de consommation indiquant à quel moment le produit sera réellement périmé.

C’est aussi un bon moyen de réduire le sentiment de honte que certains peuvent ressentir à s’approvisionner dans les
surplus alimentaires puisque la nourriture y est vendue à très bas prix. Cessons de détruire les denrées alimentaires encore saines et parfaitement comestibles!

Les grandes chaînes font-elles leur part?

Quelques grandes chaînes de supermarchés au Québec font des efforts pour réduire le gaspillage alimentaire.

La chaîne de supermarchés Loblaws, par exemple, a développé un projet pilote avec la banque alimentaire Moisson Montréal pour redistribuer aux plus démunis des denrées sur le point d’être périmées et ainsi éviter de les jeter.

La formule, qui a très bien fonctionné, fait des petits et d’autres banques alimentaires du Québec reçoivent des tonnes de denrées des supermarchés Maxi, Provigo, Métro, Super C, permettant ainsi de récupérer des dizaines de milliers de kilos de nourriture par an.

Les cinq Marchés Louise Ménard de la chaîne IGA à Montréal et alentours, gèrent également leurs stocks de manière à minimiser les pertes d’aliments. Plusieurs supermarchés de la chaîne réutilisent les aliments consommables invendables pour les mets préparés sur place ou les réattribue à un centre de dons.

Selon Louise Ménard, les épiciers ont une grande part de responsabilité dans le gaspillage alimentaire des consommateurs. « Il faut cesser de vous obliger à acheter six oranges pour profiter d’un rabais, quand vous en avez seulement besoin de deux. Le Québec devrait s’inspirer du
modèle européen de gestion des stocks. La pensée nord-américaine est axée sur la présentation de masse. Il faut se sortir de la pensée Think Big. »

Le gaspillage alimentaire a d’autres impacts, moins connus. Il nuit aussi à l’environnement en engendrant des émissions polluantes inutiles, en augmentant la consommation d’eau et en réduisant la biodiversité lors de l’agrandissement des terres agricoles.

Et les consommateurs?

Bien que l’industrie ait un rôle essentiel à jouer, la responsabilité du consommateur dans le gaspillage alimentaire, à grande échelle, tel qu’on le connaît dans nos pays industrialisés ne peut être niée.

Selon le site Sauve ta bouffe, « 47 % du gaspillage alimentaire aurait lieu dans nos foyers, soit en moyenne 95-115 kg par an. Alors que les Nord-Américains et les Européens estiment gaspiller seulement de 1 à 5 % de la nourriture qu’ils ramènent à la maison, ils en jetteraient en réalité entre 14 et 25 %. »

Il nous faut donc réfléchir et nous laisser guider par notre bon sens et non plus par des circulaires annonçant des promotions en épicerie. Ne pas oublier que la date de péremption n’est pas une garantie de la salubrité de l’aliment.

Informations, outils et trucs

Pour plus de détails, visitez la page Trucs et astuces sur le site Sauve ta bouffe.

Si vous vous considérez comme une personne pressée et que vous n’avez pas le temps de préparer votre liste d’épicerie, prenez une photo de l’intérieur de votre réfrigérateur et de votre garde-manger et vous saurez exactement ce qui vous manque!

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Sources :
http://www.equiterre.org/geste/gaspillage-alimentaire-non-merci

https://www.sauvetabouffe.org

[décembre 2016]