La méthode Toyota en santé

Précédente Remonter Suivante

La méthode Toyota en santé?

On n'est pas des boulons!

Le mercredi 30 janvier 2013, le Comité de la condition des femmes de la région de Montréal se réunissait à l'École Pius X, pour sa journée annuelle de formation. Avec l'aide du Carrefour de participation, ressourcement et formation (CPRF), les 20 responsables et coresponsables des 11 secteurs présents ont vécu une session des plus dynamisantes et engageantes : De l'indignation à la revendication. Autour des valeurs qui sont les nôtres (égalité, justice sociale, démocratie, solidarité, liberté, foi en l'être humain...), on a pu constater encore une fois qu'il n'y a pas d'âge pour reprendre du pouvoir sur notre vie et pour agir pour un monde plus juste. Nous avons parlé de droits fondamentaux bafoués, principalement le droit à la dignité humaine et au respect lorsqu’on est malade et qu’on a besoin de soins. La méthode Toyota en santé compte les minutes de soins accordés, parle d'argent, celui des investisseurs et du pouvoir. Nous, nous parlons de valeurs humaines, de dignité de la personne, de soins de qualité, de respect. Ensemble, on peut prendre confiance en nos forces et garder l'espoir de pouvoir changer les choses. Après tout, on n'est pas des boulons!

Sonia Trépanier
Responsable régionale du Comité de la condition des femmes

*****

Indignée, dites-vous? À la 10e puissance!

Comment sommes-nous devenus à ce point déshumanisés qu’on puisse approuver et appliquer, à tous les paliers de décision et sur une large échelle, la méthode Toyota à la clientèle des soins à domicile? Comment accepte-t-on de payer 12 millions de dollars à la firme Proaction pour gérer le personnel soignant, sous prétexte de faire des économies dans les soins de santé, comme s’il s’agissait de personnes robots travaillant sur une chaîne de montage? Comment tous ces décideurs à différents niveaux se font-ils complices de ce véritable scandale? A-t-on perdu à ce point le sens critique pour ne pas dénoncer et rejeter en bloc une telle approche?

Il y a vraiment quelque chose de pourri dans notre société, non seulement dans le domaine de la corruption, mais aussi dans la gestion du personnel des soins des malades. Comment en est-on arrivé à perdre tout sens humain et moral, à ne voir que les dollars à économiser, en se foutant complètement des besoins de la personne à servir? Oui, il y a ici aussi forte matière à l’indignation et à la dénonciation. J’appelle les citoyens à entreprendre une réflexion collective sur la perte croissante des valeurs humaines dans notre société au Québec, et à entreprendre un virage pour remettre l’HUMAIN au centre de nos préoccupations.

Marie Barrette
Coresponsable sectorielle du Comité de la condition des femmes

[avril 2013]