La productivité

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La PRODUCTIVITÉ pour un NIVEAU DE VIE ou l’inverse ?
par Georges Pagé

Pourquoi, en général, attribuons-nous surtout à l’influence des écrits d’Adam Smith et en particulier de son livre La Richesse des Nations, 1776, le lieu des débuts de la révolution industrielle, en Angleterre de la fin du XVIIIe siècle ?

C’est qu’on oublie que le niveau de vie des populations du bas peuple anglais d’alors était tout juste suffisant pour entretenir la vie. Il n’y avait pas ou très peu d’espace pour expérimenter. Rappelons-nous que les XVIIe et XVIIIe siècles sont des temps d’émigration en Angleterre. Aussi faut-il considérer comme un repère ce moment où des propriétaires terriens anglais importèrent la technique de rotation des cultures pour remplacer celle de la jachère qui prévalait jusqu’alors en pays de chrétienté. Aussitôt, les paysans virent se multiplier les rendements de leurs terres et du même coup leur niveau de vie s’élever, ce qui libéra des « moyens » pour de nouvelles initiatives... économiques.

De même, en Angleterre, il n’y a pas eu « grève  »; il n’y en a pas eu non plus quand furent inventés le gouvernail, la boussole et le collier pour les animaux de trait.

Mais il y eut des protestations, à maints endroits en Europe; l’histoire en a retenues à l’avènement de l’imprimerie !

 

Le couple technologie et niveau de vie

Évolution des « prix réels » de divers produits, en France, de 1925 et de 1974 Hausse du pouvoir d’achat 1925 1974
Un hectare de bonne terre en Beauce 1,24 2830 2291
Une coupe de cheveux 1,41 1,3 0,92
Des petits pois (1 kg) 2,94 1,53 0,52
De la farine (1 kg) 4,12 1,07 0,26
Une bicyclette 5,47 200,47 36,66
Un kW d’électricité (1ère tranche) 9,40 0,47 0,05
Une ampoule électrique (100 w) 34,38 8,25 0,24
Un récepteur de radio 37,07 1273,58 34,36

 

Les données de la colonne « Hausse du pouvoir d’achat » - qu’on pourrait aussi qualifier de « gains de productivité » - représentent les taux de diminution des prix de 1974 comparés à ceux de 1925. Par exemple une bicyclette coûtait 5,47 fois moins cher en 1974 qu’en 1925, et ainsi de suite. (FOURASTIÉ, Jean et Jacqueline. Pouvoir d’achat, prix et salaires, Paris, collection Idées, no 374, 1977, p. 46.)

Ces « gains de productivité », l’histoire nous le fait voir, ont été plus élevés dans le cas des industries de fabrication. Pour ce qui est des industries de services, en général, les gains de productivité ont toujours été beaucoup moins élevés tout en étant non négligeables.

Dans La philosophie de l’éducation, 1981, l’auteur Olivier Reboul s’intéresse à l’évolution des sortes de compositions des groupes classes. Après s’être arrêté sur les aspects pédagogiques impliqués, il se pose la question limite du pourquoi, dans tous les cas, du choix organisationnel de la répartition des élèves selon un enseignement de groupe classe ? Sa réponse : un besoin socio-économique !

Dans Une pédagogie de l’intégration, 2000, l’auteur Xavier Rogiers nous parle du triple défi posé aux systèmes éducatifs :

la nécessité de répondre à l’augmentation de la quantité et de l’accessibilité des informations ;

la nécessité de donner du sens aux apprentissages ;

la nécessité d’efficacité interne, d’efficience et d’équité dans les systèmes éducatifs.

L’OCDE par l’entremise de Statistique Canada nous apprend que les taux de décrochage scolaire en 2002-2003 comparés à 2004-2005 sont de 4,6% en Norvège et de 11,9% au Québec. Le Conseil supérieur de l’éducation du Québec a reçu un mandat ! Soyons attentifs.

Georges Pagé, responsable du Comité d’action sociopolitique

[septembre 2006]