La retraite

Remonter Suivante

par Marie Thérèse Jean-Jacques

« Le talent se développe dans la retraite; le caractère se forme dans le tumulte du monde. »

Johann Wolfgang von Goethe (1749-1832)

Le retraité a le potentiel de vivre des années actives et productives puisque l’espérance de vie a augmenté selon les données de Statistique Canada.

Cependant, le retraité devra relever bien des défis car des choix inattendus s’ajouteront à son champ d’action. En effet, une nouvelle structure quotidienne s’imposera dans les relations avec son entourage immédiat : la vie familiale demandera un certain réajustement. Amis et collaborateurs ne sont pas à délaisser pour autant, mais la question identitaire ne se définira plus par la profession et le travail.

Que devra alors faire un retraité pour ne pas s'isoler et tomber dans le piège de la solitude que l’on définit comme « cet état d'âme ponctuel ou durable d'un individu seul qui n’est engagé dans aucun rapport avec autrui »? Et c’est là que cet état d’âme ouvre sournoisement la porte à la solitude qui peut converger vers la dépression.

Un des outils essentiels pour combattre l’isolement à la retraite est de demeurer actif comme lorsque l’on travaillait, ce qui sous-tend la possibilité de consacrer plus de temps à ses passions.

Que l’on pense aux bibliothèques, ces lieux du savoir qui regorgent de documents, d’encyclopédies, d’œuvres scientifiques, littéraires, artistiques ou religieuses. On y trouve des notions éclairantes, enrichissantes. Des ouvrages que, faute de temps, on ne pouvait même pas feuilleter auparavant. Maintenant, la retraite est le moment propice pour se mettre avec attrait à la lecture et à l’écriture. Des pages inspirantes, rédigées à l’intention des enfants, ses propres petits-enfants ou autres lecteurs, s’animeront. Des pages qui parleront d’histoire, de culture, de la valeur de l’éducation. Par la même occasion, elles édifieront, laissant leurs marques formatrices, novatrices, bénéfiques à l’esprit.

Et que dire de ces associations qui, avec raison, se réjouissent de leurs nombreuses réalisations! Ouvrant avec convenance leurs portes aux retraités, elles donnent l’occasion aux adhérents de contribuer à l’avancement de la société. Les tâches à accomplir au sein de ces organisations communautaires sont précieuses et requièrent de la part de leurs membres une contribution désintéressée, empreinte de générosité.

À l’AREQ, les conseils sectoriels, insufflés d’un courage remarquable, donnent leur vrai sens au bénévolat. L’interaction constante avec les membres qui se dévouent à l’édition de l’œuvre comble le retraité. Celui-ci y trouve une mission captivante qui, certes, le valorise.

Un autre point retient l’attention de l’observateur : c’est le besoin du retraité d’accorder une partie de son temps libre à la création d’activités personnelles, et ce, non dans l’isolement. Alors, le retraité décide de suivre les sentiers qui satisfont ses propres passions. Il chemine dans les sillons des arts : la musique, la chorale, le cinéma, la photographie, les cours. Il se perfectionne dans l’écriture, les langues. Les jeux, le jardinage, les petits voyages sont d’autres attractions captivantes.

Selon le goût de chacun, le retraité découvre des voies tangibles qui lui conviennent pour innover. Il profite de la générosité de la nature pour s’assouvir, ce qui ne l’empêche pas de communiquer ses connaissances dans son milieu. De la sorte, sa vie peut se révéler exemplaire; sa visée ultime étant le développement de la société par le partage, le désir d’embellir le monde dans ce qu’il produit ou encore la nécessité de répandre du bonheur par son savoir ou tout simplement pour qui il est.

Somme toute, peu importe la manière dont le retraité occupe ses heures libres, une nourriture réconfortante lui sera servie sur un plateau fleuri du sentiment d’accomplissement de soi. Et un trésor scellé d’un bonheur incommensurable rappellera sa présence indispensable au service de sa communauté.