Villes et dérèglement climatique

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Villes et dérèglement climatique : place aux opportunités!
Par Louise Roberge

Le Cœur des sciences de l’UQAM organise des rencontres enrichissantes. Après celle d’une balade sur les toits, je n’ai pu résister à la tentation d’assister à la conférence Villes et dérèglement climatique.

Elle fut donnée par six conférenciers qualifiés. Parmi eux :

  • Mme Emilie Alberola, économiste et chef du pôle Recherche au sein de l’équipe de CDC Climat, filiale de la Caisse de dépôts, dédiée à la transition énergétique et écologique ;

  • M. Alain Bourque, directeur général du consortium de recherche Ouranos sur la climatologie régionale et l’adaptation aux changements climatiques ;

  • M. Steven Guilbeault, cofondateur et porte-parole d’Équiterre ;

  • M. Nicolas Hulot, journaliste reporter ;

  • M. Jean Jouzel, climatologue et glaciologue.

Chacune de ces personnes nous a fait part de ses commentaires sur le problème du dérèglement climatique. Le tout fut animé par M. Yanick Villedieu, journaliste scientifique et animateur de l’émission Les années lumières à ICI Radio-Canada Première.

Même si nous en savons plus aujourd’hui sur les changements climatiques et que nous avons les appareils pour prouver scientifiquement ce qui est annoncé depuis déjà 20 ans, ces changements restent un phénomène virtuel pour plusieurs personnes non sensibles à leur existence.

À preuve, l'enjeu écologique conditionne tous les enjeux de solidarité humaine puisque 400 millions de personnes meurent chaque année à cause des conditions climatiques. On peut désormais observer des événements extrêmes à l’échelle de la planète. Nous traversons maintenant la plus profonde crise qui nous soit arrivée.

  • M. Steven Guilbeault donne un bel exemple permettant d’assurer la satisfaction de nos besoins tout en diminuant la pollution et les coûts. Présentement, nous achetons des aliments de Californie laquelle a des problèmes de production et dont l’éloignement influe sur les coûts de transport. L’idéal serait de se lier à des fermiers de chez nous et d’acheter leurs produits. Les coûts de transport seraient moindres et les aliments plus frais, le trajet étant plus court. C’est un moyen d’aider notre planète et d’obtenir de meilleurs résultats pour contrer le dérèglement climatique.

  • M. Jean Jouzel spécifie que si l’augmentation de la température moyenne est de 4°C, il y a risque de cataclysme. L’objectif est de ne pas dépasser 2°C. Autrement, le niveau des mers s’élèvera et nuira aux riverains dans bien des villes. Le transport et l’urbanisme sont également à réviser. Bref, il est essentiel que l’effort de la majorité des villes de la planète soit une préoccupation concrète.

  • M. Alain Bourque rappelle le verglas, les inondations, l’affaissement des sols et même l’érosion des berges (Îles-de-la-Madeleine) par la mer. Il spécifie que les événements extrêmes ont réveillé les gens. Il faut donc prendre soin de s’adapter à tous ces changements climatiques, revoir les façons de faire et les ramener dans le concret. L’inaction coûtera plus que le laisser-faire actuel. Des plans d’adaptation ont été développés par plusieurs villes de notre province : toits verts et toits blancs pour créer de la fraîcheur, multiplication des plantes et des arbres pour combattre les îlots de chaleur.

  • Emilie Alberola énonce une phrase que l’on connaît bien, mais qui reste un enjeu important : la diminution du nombre des voitures est nécessaire. En 2035, combien coûtera la possibilité de vivre? Plusieurs millions de dollars par mois. « Il faut donc se réveiller avant ». 50 % des dirigeants à travers le monde ont signé un accord pour réduire les émissions de carbone. La Banque mondiale veut encourager tous les pays dans ce sens. Mme Alberola souligne l’importance de la transparence, c’est-à-dire savoir ce qu’un pays ou l’autre entreprend de faire. Elle ajoute qu’il faut taxer les biens accessoires, car la santé est le point capital qui motivera les gens à améliorer la situation. La prochaine conférence des Nations Unies sur le climat aura lieu à Paris en décembre 2015.

Ces conférences ont débuté à Montréal et auront lieu successivement à Ottawa, Chicago, Boston, la Nouvelle-Orléans, Vancouver et Los Angeles. Elles visent à mobiliser les opinions publiques françaises, américaines et canadiennes sur ces questions. Espérons que cela renforcera le dialogue entre les experts de ces pays qui, selon moi, désirent former une grande famille universelle.

[décembre 2014]